Qu’est-ce qu’un coucou de la Forêt-Noire ?
Le coucou de la Forêt-Noire est une horloge murale en bois originaire du sud-ouest de l’Allemagne. Son petit oiseau qui sort de sa porte pour annoncer l’heure est reconnaissable entre mille. Mais derrière ce détail familier se cachent près de trois siècles d’histoire et un savoir-faire horloger qui se perpétue encore aujourd’hui dans la région.
Le coucou de la Forêt-Noire en quelques mots
Le coucou traditionnel est une pendule logée dans un boîtier en bois. Ses poids en forme de pommes de pin descendent lentement pour la faire fonctionner, et il suffit de tirer sur les chaînes pour remonter l’horloge.
À chaque heure pleine, l’oiseau sort de sa petite porte et chante autant de fois qu’il y a d’heures. À la demi-heure, il ne lance en général qu’un seul cri.
Son charme tient au bois sculpté, souvent du tilleul, et au travail des horlogers de la Forêt-Noire.
Une invention que plusieurs villages se disputent
L’idée d’une horloge qui imite le chant du coucou apparaît dès le XVIIe siècle, bien avant son arrivée en Forêt-Noire. Dans la région, l’horlogerie devient peu à peu une activité d’hiver pour de nombreuses familles paysannes, qui fabriquent des horloges lorsque les travaux des champs ralentissent.
Reste à savoir qui y a fabriqué le premier coucou. La question divise depuis plus de deux siècles, jusqu’aux premiers historiens de l’horlogerie régionale. Pour les uns, l’invention revient à Franz Anton Ketterer, horloger de Schönwald, dans les années 1730. Pour les autres, à Michael Dilger, de Neukirch, au début des années 1740. Faute de preuve décisive, chaque village défend encore sa version, et Schönwald rend aujourd’hui hommage à Ketterer par un monument.
Le plus ancien coucou de la Forêt-Noire connu à ce jour ne tranche pas le débat. Il est signé Johannes Wildi, horloger d’Eisenbach, et date des années 1780 à 1790. On peut l’admirer au Musée allemand de l’horlogerie de Furtwangen.
À cette époque, les horloges de la région commencent aussi à voyager. Les porteurs d’horloges transportent les pièces sur leur dos et les vendent de village en village, puis à travers l’Europe. Le coucou gagne ainsi progressivement en popularité, bien au-delà de son territoire d’origine.
1850 : le coucou prend la forme d’une maisonnette
La forme de maisonnette que l’on connaît aujourd’hui naît en 1850, lors d’un concours lancé par l’école d’horlogerie de Furtwangen pour renouveler le dessin des horloges de la région. L’architecte Friedrich Eisenlohr s’y distingue en plaçant le cadran sur la façade d’une maisonnette de garde de chemin de fer.
Baptisé Bahnhäusleuhr, ce modèle ne comporte d’abord pas d’oiseau. Le coucou est ajouté par la suite, et cette forme devient vite emblématique.
En 1862, Johann Baptist Beha propose des modèles richement décorés, avec des aiguilles en os sculpté et des poids en forme de pommes de pin. Le coucou sculpté de la Forêt-Noire gagne alors en raffinement.
Un objet de tradition, toujours vivant
Depuis les premiers ateliers de Schönwald et de Neukirch, le coucou a bien changé de visage, sans rien perdre de son identité. Son oiseau annonce toujours l’heure, et chaque pièce perpétue un savoir-faire propre à la Forêt-Noire.
Aujourd’hui, les manufactures continuent de proposer des modèles variés, des coucous sculptés aux chalets animés. Pour découvrir les créations des manufactures Hönes et Engstler, parcourez notre collection de coucous de la Forêt-Noire.